Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE PARIS [1]
[1]
Expéditions
exécutoires
délivrées le:
■
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Charges de copropriété
N° RG 21/04191
N° Portalis 352J-W-B7F-CUBNA
N° MINUTE :
Assignation du :
24 Février 2021
JUGEMENT
rendu le 14 Mars 2024
DEMANDEUR
Syndicat des copropriétaires du [Adresse 2], représenté par son syndic, la société NEXITY LAMY, S.A
[Adresse 1]
[Localité 3]
représenté par Maître Benoît VERNIERES, avocat au barreau de PARIS, avocat plaidant, vestiaire #B1059
DÉFENDEUR
Monsieur [W] [K]
[Adresse 5]
[Localité 4]
non représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Madame Frédérique MAREC, 1ère Vice-Présidente Adjointe
Madame CHAMPAGNE, Juge
Madame SURET, Magistrate à Titre Temporaire
assistées de Madame Sophie PILATI, Greffière lors des débats et de Madame Line-Joyce GUY, Greffière lors de la mise à disposition.
Décision du 14 Mars 2024
Charges de copropriété
N° RG 21/04191 - N° Portalis 352J-W-B7F-CUBNA
DÉBATS
A l’audience du 11 Janvier 2024 tenue en audience publique devant Madame Virginie SURET, juge rapporteur, qui, sans opposition des avocats, a tenu seule l’audience, et, après avoir entendu les conseils des parties, en a rendu compte au Tribunal, conformément aux dispositions de l’article 805 du Code de Procédure Civile.
JUGEMENT
- Réputé contradictoire
- En premier ressort
- Prononcé publiquement par mise à disposition au greffe, les parties en ayant été avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du Code de procédure civile
EXPOSÉ DU LITIGE
M. [W] [K] est propriétaire du lot n°15 dans un immeuble soumis au statut de la copropriété situé au [Adresse 2] à [Localité 6].
Par acte délivré le 24 février 2021, le syndicat des copropriétaires représenté par son syndic en exercice la société NEXITY a assigné M. [W] [K] devant la présente juridiction.
Par conclusions d'actualisation transmise par RPVA en date du 18 octobre 2023, le syndicat sollicite du tribunal de :
- DECLARER le Syndicat des Copropriétaires de l'immeuble du [Adresse 2], représenté par son syndic en exercice, recevable et bien fondé en ses prétentions,
EN CONSEQUENCE,
- CONDAMNER Monsieur [W] [K] à payer au Syndicat des Copropriétaires de l'immeuble du [Adresse 2], les sommes suivantes :
- 19.883,75 € au titre de l'arriéré de charges arrêté au 15 septembre 2023,
- 1.245,31 € au titre des indemnités article 10-1 de la Loi du 10 Juillet 1965,
- 2 000,00 € à titre de dommages et intérêts,
- CONDAMNER Monsieur [W] [K] au paiement de la somme de 2 000,00 € en application de l'article 700 du CPC ainsi qu'aux entiers dépens,
- DIRE n'y avoir lieu à écarter l'exécution provisoire de la décision à intervenir.
M. [K] régulièrement assigné, n'a pas constitué avocat.
L'ordonnance de clôture a été rendue par le juge de la mise en état le 18 octobre 2023. L'affaire a été renvoyée à l'audience de plaidoiries du 11 janvier 2024 et mise en délibéré au 14 mars 2024.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la demande de paiement des charges de copropriété
Aux termes des dispositions de l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965 : " Les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d'équipement commun en fonction de l'utilité objective que ces services et éléments présentent à l'égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées.
Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes, générales et spéciales, et de verser au fonds de travaux mentionné à l'article 14-2 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l'article 5.Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges et indique les éléments pris en considération ainsi que la méthode de calcul ayant permis de fixer les quotes-parts de parties communes et la répartition des charges".
Par ailleurs aux termes des dispositions de l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965 : " lorsque les comptes et le budget prévisionnel ont été approuvés, les copropriétaires qui n'ont pas contesté dans le délai de deux mois de sa notification l'assemblée générale ayant voté cette approbation des comptes, ne sont plus fondés à refuser de régler leur quote-part de charges".
En l'espèce, le syndicat des copropriétaires verse aux débats :
o La matrice cadastrale établissant la qualité de propriétaire de M. [W] [K],
o Les relances, mises en demeure effectuées ainsi que les factures,
oLes appels de fonds pour charges courantes et travaux afférents à la créance sollicitée démarrant au 1er août 2015 et arrêtés au 15 septembre 2023 (pièce 42),
o Les procès- verbaux des assemblées générales des années 2016 à 2020 portant approbation des comptes des exercices afférents ainsi que des budgets prévisionnels et des appels pour les comptes travaux votés,
o Les attestations de non recours des assemblées ci-dessus,
o Les contrats de syndic.
Lors des assemblées générales ci-dessus, les copropriétaires ont approuvé les comptes et voté les travaux.
Décision du 14 Mars 2024
Charges de copropriété
N° RG 21/04191 - N° Portalis 352J-W-B7F-CUBNA
Il résulte de l'examen des décomptes (notamment la pièce n°42) et des appels de fonds produits que M. [K] reste devoir la somme de 19.883,75 euros au titre des appels de charges et travaux arrêtés au 15 septembre 2023 (3e appel de provision de charges 2023 inclus). Il sera donc condamnés au paiement de cette somme avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Sur les frais de recouvrement
Aux termes de l'article 10-1 de la loi précitée, sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d'hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d'une créance justifiée à l'encontre d'un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement et d'encaissement à la charge du débiteur ;
En l'espèce, le syndicat sollicite la somme de 1.245,31 euros au titre des frais de recouvrement.
Il y a toutefois lieu d'observer que :
- les honoraires de suivi de dossier constituent des actes élémentaires d'administration de la copropriété ; le fait que le contrat de syndic prévoit éventuellement une rémunération spécifique au titre d'honoraires supplémentaires n'en change pas la nature, ces frais n'étant donc pas nécessaires au sens de l'article 10-1 de la loi du 10juillet 1965 ;
- les honoraires d'avocat sont arbitrées à l'occasion de l'article 700 du code de procédure civile.
Seuls les frais d'huissier engagés par le syndicat des copropriétaires lors du commandement de payer signifié le 19 octobre 2020 (pièce n°30) à hauteur de la somme de 288,28 euros seront donc mis à la charge du défendeur sur ce fondement.
Sur les dommages intérêts
Aux termes de l'article 1231-6 du code civil, le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par a mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l'intérêt moratoire.
En l'espèce, il ressort des écritures et pièces produites par le syndicat qu'il n'établit pas que la carence des défendeurs a seule mis en péril la trésorerie de la copropriété.
Faute de justifier tant de leur mauvaise foi que de l'existence et de l'étendue d'un préjudice en lien de causalité avec leur défaut de paiement, distinct de celui réparé par les intérêts moratoires assortissant la créance, le syndicat des copropriétaires sera débouté de sa demande de dommages et intérêts.
Sur les demandes accessoires
Partie succombante au sens des dispositions de l'article 696 du code de procédure civile, M. [K] sera condamné aux dépens.
Eu égard à leur condamnation aux dépens, ils seront condamnés à verser au syndicat des copropriétaires la somme de 1.500 euros en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.
L'exécution provisoire est de droit.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal statuant publiquement, en premier ressort par jugement réputé contradictoire et rendu par mise à disposition au greffe :
CONDAMNE M. [W] [K] à verser au syndicat des copropriétaires situé au [Adresse 2] à [Localité 6] :
-la somme de 19.883,75 euros au titre des appels de charges et travaux arrêtés au 15 septembre 2023 (3e appel de provision de charges 2023 inclus), avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision,
- la somme de 288,28 euros au titre des frais de recouvrement,
DÉBOUTE le syndicat des copropriétaires du [Adresse 2] à [Localité 6], de sa demande de dommages et intérêts ;
CONDAMNE M. [W] [K] aux entiers dépens ;
CONDAMNE M. [W] [K] à verser au syndicat des copropriétaires du du [Adresse 2] à [Localité 6], la somme de 1.500 euros au titre des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile ;
REJETTE le surplus des demandes ;
RAPPELLE que l'exécution provisoire est de droit.
Fait et jugé à Paris le 14 Mars 2024
La Greffière La Présidente
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