Texte intégral
Du 26 février 2024
5AA
SCI/
PPP Référés
N° RG 23/02096 - N° Portalis DBX6-W-B7H-YPIS
Société CDC HABITAT SOCIAL
C/
[C] [V]
- Expéditions délivrées à AVOCAT ET Défendeur
- FE délivrée à Me LATAPIE SAYO
Le 26/02/2024
Avocats : Me Catherine LATAPIE-SAYO
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
Pôle protection et proximité
[Adresse 1]
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 26 février 2024
PRÉSIDENT : Monsieur Julien BAUMERT-STORTZ,
GREFFIER : Madame Laëtitia DELACHARLERIE,
DEMANDERESSE :
Société CDC HABITAT SOCIAL
RCS PARIS 552 046 484
[Adresse 2]
[Localité 5]
Représentée par Me Catherine LATAPIE-SAYO (Avocat au barreau de BORDEAUX)
DEFENDEUR :
Monsieur [C] [V]
né le 06 Septembre 1974 à [Localité 6]
[Adresse 3]
[Adresse 3]
[Localité 4]
Présent
DÉBATS :
Audience publique en date du 12 Janvier 2024
PROCÉDURE :
Baux d’habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d’assurance et ordonner l’expulsion en date du 19 Octobre 2023
Articles 484 et suivants et 834 et suivants du Code de Procédure Civile
QUALIFICATION DE l’ORDONNANCE:
La demande est indéterminée, mais dans un domaine de compétence exclusive du Pôle Protection et Proximité; l'ordonnance de référé rendue sera en premier ressort.
Le défendeur ayant comparu, l'ordonnance de référé rendue sera contradictoire.
EXPOSÉ DU LITIGE :
Par deux contrats datés du 25 septembre 2020, la société CDC HABITAT SOCIAL a donné à bail à Monsieur [C] [V] un appartement et un parking sis [Adresse 3] à [Localité 4] (porte 226 pour le logement et emplacement de stationnement n° 42) avec un loyer mensuel de 199,31 € pour le logement et 15,80 € (pour le parking), ainsi qu'une avance sur charges, outre une clause d'indexation.
Par exploit d'huissier en date du 8 août 2023, la société CDC HABITAT SOCIAL a fait délivrer à M. [V] un commandement de payer afin d'obtenir le règlement de la somme de 1.280,59 €, au titre des loyers et charges impayés à la date du 31 juillet 2023.
Par assignation en date du 19 octobre 2023, dûment notifiée à la Préfecture de GIRONDE, par transmission électronique en date du 20 octobre 2023, la société CDC HABITAT SOCIAL a saisi le juge des référés du tribunal de Céans d'une demande en paiement et d'expulsion dirigée contre M. [V].
A l'audience du 12 janvier 2024, représentée par son conseil, la société CDC HABITAT SOCIAL demande au juge des référés, avec exécution provisoire, de :
-Constater la résiliation de plein droit du bail liant les parties ;
-Condamner M. [V] et tous occupants de son chef à évacuer les lieux loués corps et biens, au besoin avec l'assistance de la force publique ;
-condamner M. [V] à lui payer la somme de 2.019,82 € au titre des loyers et charges échus au 31 décembre 2023 et non encore réglés avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer sur la somme de 1.280,59 € et à compter de l'assignation pour le surplus ;
-condamner M. [V] à lui payer une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant mensuel du loyer et charges prévus au bail ;
-condamner M. [V] aux entiers frais et dépens (incluant les frais du commandement), ainsi qu'au paiement de la somme de 400 € au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile ;
Au soutien de ses prétentions, la société CDC HABITAT SOCIAL fait valoir que les baux se trouvent résiliés de plein droit par l'effet des clauses résolutoires qui y sont stipulées, M. [V] n'ayant pas, dans le délai de deux mois imparti, réglé les arriérés de loyers et de charges visés au commandement de payer délivré le 8 août 2023.
La société CDC HABITAT SOCIAL ajoute qu'en tout état de cause, elle est fondée à obtenir la condamnation de M. [V] à lui payer les sommes lui restant dues, ainsi que son expulsion.
M. [V], présent à l'audience, ne conteste pas la créance alléguée par la demanderesse. Il sollicite des délais de paiement, par le biais de versements mensuels de 100 €, en sus du loyer courant, afin de pouvoir se maintenir dans les lieux.
La société CDC HABITAT SOCIAL ne s'oppose pas à cette demande.
Eu égard à la nature des faits, il est statué par ordonnance contradictoire et rendue en premier ressort.
MOTIFS DE LA DECISION
I - Sur la demande en paiement des loyers et des charges :
Attendu qu'aux termes de l'article 1103 du code civil, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites et qu'elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou pour les causes que la loi autorise ;
Attendu qu'en l'espèce, il est stipulé aux contrats de bail liant les parties que le locataire doit verser un loyer mensuel de 199,31 € pour le logement et 15,80 € pour le parking, avec qu'une avance sur charges, et une clause d'indexation, conformément à l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 ;
Qu'il n'est cependant pas justifié du paiement régulier de ces sommes par le locataire aux termes contractuellement convenus ;
Qu'il résulte en effet du décompte produit aux débats que M. [V] reste redevable, à la date du 31 décembre 2023, de la somme de 2.019,82 € ;
Attendu qu'il convient en conséquence de condamner M. [V] à payer à la société CDC HABITAT SOCIAL la somme de 2.019,82 € au titre des arriérés dus au 31 décembre 2023, avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente ordonnance, compte tenu de l'actualisation de la créance à l'audience ;
II - Sur la demande de délais de paiement :
Attendu que l'article 1343-5 du code civil dispose que, compte tenu de la situation du débiteur, et en considération des besoins du créancier, le juge peut, dans la limite de deux années, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues, à l'exception des dettes d'aliments ;
Que l'article 24 V de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que, par dérogation à ces dispositions, la durée des délais de paiement, accordés dans le cadre d'une procédure intentée sur le fondement d'une clause résolutoire contenue dans un bail d'habitation, peut être étendue à 36 mois ;
Attendu que M. [V] s'est engagé à régler sa dette par le biais de 35 versements mensuels de 100 €, en sus du loyer courant, avec paiement du solde à l'issue ;
Attendu que le décompte produit aux débats par la société CDC HABITAT SOCIAL laisse apparaître que M. [V] a repris le paiement régulier du loyer courant ;
Que la société CDC HABITAT SOCIAL ne s'oppose pas à cette demande ;
Qu'il y a lieu de laisser la possibilité à M. [V] de sauvegarder son logement en lui permettant d'apurer sa dette selon les modalités indiquées au dispositif du présent jugement ;
Qu'il convient de rappeler aux parties que pendant le cours de ces délais de paiement, les procédures d'exécution sont suspendues en application des dispositions de l'article 1244-2 du Code Civil ;
III - Sur la résiliation du bail et sur la demande en expulsion :
Attendu que les contrats de bail conclus entre les parties le 25 septembre 2020 contiennent une clause de résiliation de plein droit à défaut de paiement du loyer et des charges échus dans le délai de deux mois à compter de la date du commandement de payer, telle que prévue par l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ;
Attendu que la société CDC HABITAT SOCIAL a, par communication électronique en date du 20 octobre 2023 informé la Préfecture de l'assignation en expulsion ;
Attendu que le bailleur a fait signifier, le 8 août 2023, un commandement de payer conforme aux dispositions légales ;
Attendu que la partie requise ne s'est pas exécutée dans le délai qui lui était accordé ;
Attendu qu'il convient donc de constater la résiliation de plein droit du bail à la date du 8 octobre 2023 et d'ordonner l'expulsion de M. [V] ainsi que de tous occupants de son chef ;
Que par conséquent, les lieux loués devront être libérés corps et biens deux mois suivant la signification d'un commandement d'avoir à quitter les lieux ;
Attendu cependant que pendant le cours des délais accordés ci-dessus et en application des dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, les effets de la clause résolutoire sont suspendus ;
Que si M. [V] se libère de sa dette dans le délai et selon les modalités fixées par la présente décision, la clause résolutoire est réputée ne pas avoir joué et les relations contractuelles entre les parties se poursuivront aux conditions stipulées au bail ;
Qu'en cas de non versement du loyer en cours, de l'avance sur charges et de la quote-part de l'arriéré à la date du 5ème jour de chaque mois, la résiliation de plein droit reprendra plein effet ;
Attendu qu'il y a lieu de fixer l'indemnité d'occupation à une somme égale au montant des loyers et charges qui auraient été dues en cas de maintien dans les lieux et de condamner, en tant que besoin, M. [V] à verser, jusqu'à libération effective des locaux et remise des clefs, cette indemnité d'occupation, qui sera payable dans les mêmes conditions que l'étaient le loyer et les charges.
IV - Sur les demandes accessoires :
Attendu qu'il est fait droit à la demande de la société CDC HABITAT SOCIAL, il convient de condamner M. [V] à lui payer la somme de 250 € au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile, ainsi qu'au paiement des entiers frais et dépens de la présente instance (incluant les frais du commandement de payer), conformément à l'article 696 du Code de Procédure Civile ;
Qu'il convient de constater l'exécution provisoire de la présente ordonnance, en application de l'article 514 du code de procédure civile ;
PAR CES MOTIFS,
LE JUGE DES REFERES,
Statuant publiquement, par ordonnance mise à disposition au greffe, contradictoire, et rendue en premier ressort,
CONSTATONS que les baux liant la société CDC HABITAT SOCIAL et Monsieur [C] [V] ont été résiliés à la date du 8 octobre 2023 ;
CONDAMNONS M. [V] à payer en derniers et quittances à la société CDC HABITAT SOCIAL la somme de 2.019,82 € avec les intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente ordonnance, au titre des arriérés de loyers et charges échus à la date du 31 décembre 2023 ;
AUTORISONS M. [V] à se libérer de cette condamnation par le biais de 35 versements mensuels de 100 € au plus tard le 5ème de chaque mois, le premier versement devant intervenir le 5 du mois suivant la signification de la présente décision (ou selon accord des parties), avec un 36ème versement comprenant outre le solde du principal, les intérêts, les accessoires et les frais ;
DISONS que le loyer et les avances sur charges devront être payés en plus de l'arriéré le 5ème jour de chaque mois ;
DISONS que pendant le cours de ces délais, les effets de la clause résolutoire sont suspendus et qu'elle sera réputée n'avoir jamais joué si M. [V] se libère de sa dette dans les délais accordés ;
DISONS qu'en cas de non-paiement d'une mensualité de l'arriéré, d'un loyer ou d'une avance sur charges à son échéance :
- le solde dû sera immédiatement exigible
- les clauses de résiliation de plein droit reprendront plein effet ;
DANS CE CAS :
ORDONNONS à M. [V] de libérer de sa personne, de ses biens, ainsi que de tous les occupants de son chef l'appartement situé [Adresse 3] à [Localité 4] (porte 226 pour le logement et emplacement de stationnement n° 42) dans un délai de deux mois suivant la notification d'un commandement de quitter les lieux ;
DISONS qu'à défaut de libération volontaire, il pourra être procédé à l'expulsion de M. [V] et à celle de tous occupants de son chef avec l'assistance de la force publique qui devra être requise selon les normes légales et règlementaires applicables ;
CONDAMNONS M. [V] à payer en deniers et quittances à la société CDC HABITAT SOCIAL une indemnité d'occupation égale au montant du loyer et de l'avance sur charges normalement dus si les baux s'étaient poursuivi à compter du 1er janvier 2024 jusqu'à libération effective des lieux ;
EN TOUT ETAT DE CAUSE :
CONDAMNONS M. [V] à payer à la société CDC HABITAT SOCIAL la somme de 250 € au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile ;
CONDAMNONS M. [V] aux entiers frais et dépens y compris les frais de commandement ;
CONSTATONS que la présente ordonnance est immédiatement exécutoire par provision ;
Ainsi jugé et prononcé, les jours, mois et an susdits.
LE GREFFIERLE PRÉSIDENT
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